Garde-Robe·Mode·Regencycore·Style

Le style Daphné Bridgerton

À moins de vivre sans écran, vous avez certainement lu ou entendu ce nom : Bridgerton.

Bridgerton ? Est-ce une université guindée ? Une nouvelle voiture hybride ? Non, c’est le nom de famille d’une lignée aristocratique au cœur des intrigues de la série éponyme : Bridgerton en V.O., La Chronique des Bridgerton en V.F.

Avant d’être une série adaptée par Netflix, c’est une saga de romans écrits par Julia Quinn, dont chaque tome se focalise sur la vie amoureuse d’un des enfants (adulte) de la famille Bridgerton.

Le succès de la série Netflix est tel qu’une seconde saison est actuellement en cours de tournage. Si les intrigues amoureuses, le physique avantageux des héros et le mystère autour de l’énigmatique Lady Whistledown y sont pour beaucoup dans l’attrait de la série, son esthétique très particulière a tout particulièrement captivé le public, au point de faire émerger une toute nouvelle tendance : le Regencycore, du nom de la période de l’histoire anglaise durant laquelle se déroulent les épisodes, la Régence.

Cette tendance se nourrit de différents aspects esthétiques de Bridgerton, mais elle prise tout particulièrement les décors, sa musique et les costumes, surtout ceux d’une des héroïnes, Daphné.

La bande originale reprend des morceaux classiques (comme la Barcarolle d’Offenbach, toutefois avec un horrible vibrato alors que cette musique n’a été composée qu’en 1881, ou une valse de Chostakovitch ), mais aussi des chants d’opéra, ou encore des chansons pop d’Ariana Grande ou d’Ed Sheeran, réorchestrées par le Vitamin String Quartet, tandis que d’autres sont diffusées dans leur version contemporaine, comme Love Yourself de Sufjan Stevens.

Ce procédé, qui rappelle Marie-Antoinette de Sofia Coppola, est renforcé par l’anachronisme des costumes, auxquels je consacrerai un article beaucoup plus détaillé.

Parmi tous les protagonistes, l’héroïne, Daphné, doit incarner ce que Lady Whistledown désigne comme « titled, chaste and innocent » (épisode 1), la Débutante parfaite de l’aristocratie anglaise.

Pour ce faire, Daphné arbore à tour de rôle trois couleurs : le bleu pâle en journée, le blanc en soirée, et le mauve pâle une fois mariée (je reviendrai sur cette couleur dans mon article consacré aux costumes de la série).

Le bleu a été associé pendant des siècles à la féminité en Occident (j’y reviendrai dans un autre article sur le Disneybound). Cette couleur, symbole de la Vierge Marie, est discrète, sobre. Elle véhicule une notion de moralité parfaitement en phase avec les qualités requises pour une aspirante au mariage, durant la période géorgienne (tout le XIXème siècle anglais n’est pas victorien, uniquement la période du règne de la reine Victoria -même si les futures mariées victoriennes devaient elles aussi être chastes). Pour mettre en valeur l’élégance discrète de sa famille de la vieille aristocratie -et donc très respectable- le bleu des tenues de jour de Daphné n’est jamais vif ou foncé. Ce sont des bleu pâle, bleu gris, presque blancs. C’est une élégance sobre.

En soirée, Daphné porte du blanc. C’est d’ailleurs dans cette couleur, symbole de pureté et de virginité, qu’on la découvre, pour sa présentation à la Cour (en pleine journée, certes, mais c’est toutefois un événement protocolaire où le blanc est de rigueur).

Les robes de Daphné ont des manches ballon, et des décolletés. Évidemment, elles ont également l’affreuse taille Empire qui sévissait lors de la Régence.

Si vous souhaitez transposer la garde-robe de Daphné à la vôtre, il faudra soit renoncer à cette silhouette peu flatteuse pour 99% des êtres humains, ou décider de l’arborer malgré tout, car vous faites soit partie du 1% restant (comme les filles Bridgerton, qui ressemblent à de graciles roseaux qui n’ont jamais mordu dans un burger), soit vous choisissez le style plutôt que la mise en valeur de votre silhouette selon des normes imposées par des inconnus (et dans ce cas, je vous tire mon diadème).

Ce sont des robes longues -la mère de Daphné, Violet, fait d’ailleurs remarquer à sa seconde fille, Eloïse (ma préférée), qu’il faudra bien rallonger ses robes à son tour, puisqu’elle aussi va bientôt être présentée à la Cour. Les robes de jour (bleues) sont dans un tissu généralement uni. En revanche, les robes du soir (blanches) sont rebrobées de dentelle, de cristaux, de sequins, de fils d’or.

Les accessoires ont également la part belle : en journée, Daphné ne porte généralement qu’un discret collier, avec une simple chaîne et un pendentif. Elle lui associe de très discrètes boucles d’oreilles, et des gants courts en tulle. Ses cheveux sont coiffés en une demi-queue , sans ornement.

En revanche, le soir, Daphné se coiffe avec des plumes blanches -Eloïse va même remarquer « Why would a woman want to draw more notice to the fact that she’s like a bird squawking for a man’s attention in some bizarre ritual ? » (dans ce même épisode a lieu un bal où sont suspendues des cages au-dessus des danseurs, et des danseuses se trouvent également dans des cages géantes)- elle porte aussi des diadèmes de cristaux (des diamants, dans le script), de perles.

Pour mettre en valeur son port de tête et donner un côté plus sophistiqué à son allure, elle coiffe (ou plutôt, fait coiffer) ses cheveux (qui prennent miraculeusement de la masse en soirée -Daphné serait-elle un loup-garou ?) en chignon haut et très volumineux.

Elle choisit des colliers plutôt discrets, de couleur argent, sertis de diamants -étant elle-même surnommée « le diamant de la saison », elle ne fait que renforcer cette analogie. Ses boucles sont pendantes et délicates, raffinées. La costumière a souligné que le but était de mettre en valeur la finesse de l’actrice. De plus, la mère de son personnage porte des bijoux du même style, mais beaucoup plus larges et massifs. C’est une façon d’inscrire les joyaux dans une filiation, de créer la signature de la famille, tout en soulignant la fraîcheur délicate de Daphné, et le caractère plus vénérable de sa mère. D’ailleurs, lorsque Daphné reçoit un collier aussi massif que ceux de sa mère, elle a du mal à le porter, car il ne lui ressemble pas, il symbolise une relation qui ne lui correspond pas.

À deux reprises, on la voit porter un ras-du-cou : l’un en velours bleu pâle (en journée), l’autre en velours noir (le soir, avec une ceinture noire -une soirée où toutes les invitées sont vêtues à l’identique).

Le soir, Daphné opte pour de longs gants (« opera gloves »), en satin, ainsi qu’un éventail, toujours blanc.

La tendance Regencycore prétend que ce sont les babies (les escarpins à bride, appelés « Mary Jane« , en anglais) qui sont les souliers incontournables de cette tendance. Toutefois, Daphné porte essentiellement des ballerines, comme ses soeurs.

Les scènes où on voit les héroïnes porter des corsets (notamment dans le premier épisode) ont aussi relancé cette tendance, bien qu’elle soit mise en scène de façon totalement anachronique. La tendance Regencycore propose de porter le corset comme un vêtement -donc une pièce visible, ce que je trouve absurde pour cette tendance, dans la mesure où elle transpose au XXIème siècle le style Régence, et qu’aucune femme ne se promène en corset dans cette série -elles sont soit vêtues, soit nues. Les scènes en corset montrent sans ambiguïté que ce ne sont que des sous-vêtements.

Daphné ne porte pas de manteau, mais de longues capes amples. Elle se protège du soleil avec une ombrelle.

Comme toute femme du XIXème siècle, Daphné n’a pas de sac à main. Donc, si on veut se constituer une tenue complète dans le style Regencycore, il va falloir ruser.

Voici donc les points de départ d’une silhouette Regencycore, à la façon de Daphné Bridgerton :

  • des robes, blanches, bleues, ou mauve pâle, unies de préférence
  • des manches ballon ou bouffantes
  • des décolletés
  • des gants longs en satin, courts en tulle
  • des diadèmes étincelants, ce qui est compliqué à porter au quotidien, contrairement à des serre-tête en perles et cristaux (si, c’est facile à porter)
  • des babies ou des ballerines
  • des bijoux discrets couleur argent, avec des cristaux, ou des ras-du-cou, un collier avec un petit pendentif et des petites boucles.
  • des plumes : il y a de jolis serre-tête en plumes blanches.
  • des souliers à bout ovale, babies ou ballerines.
  • un éventail ou une ombrelle (pratique avec le soleil qui revient et pour la distanciation sociale).

Je vous ai fait une petite sélection shopping :

– les robes :

– les accessoires :

Alors, allez-vous adopter cette tendance ? Me concernant, tout à fait. J’ai beaucoup de mal avec le printemps (j’y reviendrai dans un autre post), donc une garde-robe délicate, qui a quelques aspects propres aux contes de fée, n’est pas pour me déplaire.

J’ai d’ailleurs choisi, dans la sélection ci-dessus, bon nombre de pièces qui étoffent déjà ma garde-robe.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s